La contrainte du corps pour contraindre l'esprit. D'abord contraindre les corps pour enfin contraindre l'esprit. Déposséder le corps de toute liberté pour n'en faire qu'un objet. Trafic des corps.

Jubin n'a pas de relations sexuelles avec la poupée. Les relations sexuelles de la poupée avec les clients nous parviennent par un son déformé qui traverse une porte ou une paroi. Comme quand on est gamin. La porte est fermée.

C'est une histoire d'amour mal éduquée. Malpolie. Handicapée. Jubin ne s'approche pas de la poupée. Nous sommes des voyeurs. Mais nous regardons Jubin. C'est Jubin que nous “voyons”.

Jubin nous invite dans sa maison, au plus profond de sa maison, à la cave. Dans le ventre de la maison.

Le ventre va se déchirer.

Déchirure entre le réalisme tendu à l'extrême, dans la description des lieux et des actions, et le surréalisme des scènes finales.

Le réalisme photographique de l'animation en photos découpées, qui recompose et durcit la réalité et la rend plus brutale, est englouti tout entier dans un univers surréaliste délirant et ultra symbolique.