La symbolique des faits


Scène01.
Le désir de l'homme est immense et ne connaît pas de limites.
L'océan est à l'image des perspectives qui s'ouvrent à la recherche de sa satisfaction (une ligne perpétuelle).
Le corps attaché est jeune. Il est dans le ventre du bateau.
Ne pas mourir. Perpétuer la tension du désir (on recherche son intensité, un souvenir). Rêver.
Le corps lui appartient (il est pris).
Être désiré devient le cauchemar.


Scène02.
L'homme est banni et rejeté. La société des hommes l'a expulsé du monde (le cri l'a propulsé).
Ses moyens sont réduits (détruits).
Il continue à porter son masque. Il ne réalise pas l'importance de la catastrophe.


Scène03.
L'homme ôte le masque. Nous voyons son visage.
Il n'y a plus de distorsion avec le réel.
C'est la seule scène réaliste du film. Chaque fait est à sa juste place, tout est véritable.


Scène04.
L'homme cherche le corps dans l'épave. Il n'y a plus de ligne infinie, le ventre est détruit et désert (stérile).
L'espace de l'image est vide (l'océan, l'horizon, le paysage). Le corps est absent (mais la recherche rend son existence palpable).
L'ombre de l'homme est amenée à grandir pour remplir l'espace de l'absence et le vide (magnétique).


Scène05.
L'homme cherche le corps dans le paysage.
L'ombre de l'homme grandit.


Scène06.
L'homme ne reconnaît pas son ennemi. Il ne voit pas le danger.
Il cherche le corps.
Son ombre se confond avec le cadavre du phoque.


Scène07.
L'homme emporte son passé.
Il reste attaché (affection et plaisir) à ses fautes (elles sont lourdes, il les porte sur son dos).


Scène08.
L'homme nu est entier (complet).
Il est porté par son désir.
Il porte les preuves de ses désirs accomplis.
L'homme entier est avalé par la végétation.


Scène09.
L'homme découvre et fixe un trou dans la terre.
C'est un passage, une image "odorante". (L'homme est reconnu par son "Golem").


Scène10.
La chair est compressée dans le goulot, la roche donne à l'organisme sa direction et sa forme.
L'homme s'enfonce le plus loin possible.


Scène11.
L'homme est maintenant certain, de sa prochaine réalisation (se réaliser, devenir). (Il ne regarde pas dans la bonne direction).


Scène12.
L'homme ne peut pas survivre sans eau.
L'eau est toujours chargée de mélancolie.
C'est une matière mélancolique.


NOIR


Scène13.
La contamination du corps et de l'esprit commence.
Les insectes tentent d'entrer dans le corps de l'homme.
Les traces sont des menaces.


Scène14.
L'homme cherche le corps.
Il use de violence pour le faire apparaître (pas pour le faire disparaître).
La violence agite les ombres.


Scène15.
Les ombres agissent avec l'eau.
Le corps de l'homme est contaminé (folie).
La combinaison des reflets de la lumière et des mouvements des feuillages sur sa peau, créent un trouble sensuel.
Mais c'est une contamination des absents sur les vivants.


Scène16.
La perspective de la nuit à venir.


Scène17.
NUIT
Les reliques ne sont pas les morts.
Les reliques sont les Reliques.
Des objets magiques, qui fascinent les esprits.
Les reliques ne sont vues que de leur Propriétaire.
Les reliques n'échangent leurs secrets qu'avec leur Créateur.


Scène18.
NUIT
Le corps est défait. La raison lui échappe (la faible lumière ne suffit pas à éclairer la raison).
L'absence d'adversaire rend la douleur injuste et insupportable.
Les traces sur le corps et la déformation des membres sont des gourmandises.
Une impitoyable intensité affective.


Scène19.
L'homme est coupé en deux.
La raison s'est réfugiée dans la partie haute de son corps.
Il combat la réalité des blessures (la raison est retranchée dans le corps sain).
La partie basse appartient maintenant à la jungle (elle a été prise par la forêt).
La douleur devient alors acceptable (elle est combattue) par la raison.
La partie haute est saine. La partie basse est folle (tordue).


Scène20.
L'homme cherche à sauver la partie haute de son corps où siège encore la raison.
L'homme tente de ne pas voir ce qui se manifeste à lui. Il fait semblant.


Scène21.
La contamination peut infecter la raison par les plaies, mais aussi par les sens.
Vue, ouïe, odorat. La raison assaillie recule devant le nombre des attaques.