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Corps et refus de corps

Corps et refus de corps

Je pensais que la tentative échouerait. La partie 01 était trop dure à animer, le corps de l’Homme Taureau était fermé et infranchissable, sans faille, lourd et monolithique…
Le corps de l’Homme Taureau restait impénétrable, invincible, et je pensais n’avoir aucune chance de le fragmenter, de le détruire, je pensais, qu’il gagnerait et qu’il avait gagné. Je pensais qu’exposer sa fragilité serait factice, et que la représenter ne marcherait pas… Je pensais échouer.

Partie 02.
Maintenant je fais corps avec l’homme Taureau. Je me confonds avec lui, dans la partie 02. J’ai une sensation de fluidité, de compréhension. Il flanche, je l’ai percuté. Nous sommes liés comme deux boxeurs qui se serrent dans les bras avant la reprise du combat. Je pensais échouer lamentablement, que je ne tiendrai pas un round face à lui, que je m’écroulerai comme un poids léger, un poids coq, et finalement nous nous absorbons, c’est lui qui se liquéfie et se fond dans ma peur et mon angoisse. La violence a du bon, elle soude les éléments entre eux…
Une victoire est impossible et je ne l’avais pas envisagé, mais la survie par la représentation était un objectif atteignable. Dénouer (dénuder) le corps de l’Homme Taureau de sa force et de son ignorance, déchirer son imperméabilité face à l’angoisse d’un ennemi permanent.

Partie 02, nous sommes soudés.